Archive pour mai 2010

La maîtrise des dépenses locales

Vendredi 28 mai 2010

La Délégation sénatoriale aux collectivités territoriales et à la décentralisation entend MM. Gilles Carrez et Michel Thenault sur la maitrise des dépenses locales.

Lors de sa réunion du mardi 18 mai 2010, la Délégation sénatoriale aux collectivités territoriales et à la décentralisation a procédé à l’audition de MM. Gilles Carrez et Michel Thenault, co-présidents du groupe de travail sur la maîtrise des dépenses locales.

M. Gilles Carrez a relevé que le groupe de travail avait travaillé dans un consensuel, toutes les associations d’élus y ayant participe. Depuis 1983, la part des dépenses des départements dans le PIB, à compétences constantes, ne s’est pas accrue. II en va de même, à un très faible pourcentage de PIB près, pour les dépenses des régions.

En revanche, en ce qui concerne l’ensemble communes/intercommunalités, il y a eu une augmentation assez sensible qui explique la hausse d’un peu plus d’un point, à compétences constantes, de la part des dépenses locales dans le PIB.

Dès lors que l’on prend en considération les transferts effectués, on constate un phénomène qui touche tout particulièrement les départements, et qui n’est d’ailleurs pas lié aux grandes lois de décentralisation, mais plutôt a des lois spécifiques : transfert du RMI, allocation personnalisée d’autonomie (APA), prestation de compensation du handicap (PCH). Le budget de l’État prend en charge des ajustements sur les comptes locaux et sociaux. Le groupe de travail a pris comme une donnée le fait que le budget de l’État ne pouvait plus se permettre des ajustements aussi massifs.

Partant de ce postulat, le groupe de travail a analysé chaque échelon de collectivités territoriales. Pour le bloc communal et intercommunal, le constat est celui d’une énorme disparité dans les dépenses : entre les 10 % des 36 000 communes qui dépensent le moins et les 10% qui dépensent le plus, le rapport est de 1 à 3.

Le deuxième constat est celui d’une corrélation entre le niveau de dépenses et le niveau de recettes. Depuis trente ans, des parties de recettes fiscales ont été remplacées par des dotations. II en résulte que l’inégalité des dépenses vient dans une large mesure du budget de l’État. Dès lors, le groupe de travail a considère qu’une solution passait par un renforcement de la péréquation.

En ce qui concerne les régions, les ajustements devront se faire par adaptation aux moyens financiers réels des différents programmes, d’infrastructures, de rénovation universitaire…

Quant aux départements, M. Gilles Carrez a décrit un effet de ciseaux qui met aujourd’hui en difficulté 15 ou 20 départements.

Après les interventions de M. Alain Lambert (UMP, Orne), président, Mme Jacqueline Gourault (UC, Loir-et-Cher), MM. Jean-Claude Peyronnet (Soc, Haute-Vienne), et Pierre-Yves Collombat (Soc, Var), M. Michel Thenault a abordé la question de l’intercommunalité, en constatant que « l’accroissement des dépenses du bloc communal, a partir d’une analyse consolidée des comptes, résulte d’une plus grande prise en considération des besoins qui a effacé les effets de mutualisation entre communes et EPCI ».

Sont intervenus MM. Jean-Claude Peyronnet, Roland du Luart (UMP, Sarthe), Philippe Dallier (Ratt. UMP, Seine-Saint-Denis), Claude Jeannerot (Soc, Doubs), Mmes Marie-Thérèse Bruguière (UMP, Herault) et Marie-France Beaufils (CRC, Indre-et-Loire), et M. Alain Lambert, président.

Lettre hebdomadaire du Carrefour n° 408 du 25 mai 2010
Avec l’aimable autorisation de Carrefourlocal.Senat.fr

Alain Lambert : « L’acceptation citoyenne est le paramètre déterminant de la réforme »

Mardi 4 mai 2010

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Voici un extrait de l’article « Le gouvernement tarde à engager la révision des valeurs locatives » paru hier, lundi 3 mai,  sur localtis.info

Le ministre délégué au Budget du gouvernement de Jean-Pierre Raffarin explique comment, selon lui, il faudrait conduire la révision des valeurs locatives. Il s’appuie notamment sur les propositions de la délégation sénatoriale aux collectivités territoriales et à la décentralisation, dont il est le président.

Localtis : Quelles sont les trois ou quatre grandes règles que la révision des valeurs locatives devra, selon vous, respecter ?
Alain Lambert : La révision des valeurs locatives doit viser un objectif : l’amélioration de la justice fiscale et de l’équité devant la charge de l’impôt. La délégation sénatoriale aux collectivités territoriales et à la décentralisation a dégagé un certain nombre de principes consensuels que devrait respecter la révision des valeurs locatives. A savoir : la conduite de la revalorisation des valeurs locatives cadastrales au niveau national ; le maintien d’un niveau constant de ressources pour les collectivités territoriales ; le lissage des effets de cette révision sur une période relativement longue.
A titre personnel, l’acceptation citoyenne de cette réforme fiscale me semble constituer le paramètre déterminant de sa réussite tant il est vrai que l’acceptation d’un dispositif fiscal dépend directement du ressenti des redevables quant à son équité, son efficacité et son rendement. La finalité assignée à la révision des bases ne doit pas non plus perdre de vue la nécessité de respecter le principe d’autonomie financière et fiscale des collectivités locales et d’éviter des transferts de charge importants entre contribuables et entre collectivités.

Localtis : Le gouvernement n’est-il pas en train d’abandonner sans le dire la révision des valeurs locatives qui, compte tenu de ses répercussions, est peut-être considérée comme trop délicate ?
Alain Lambert : Au fil des ans, la nécessité de la révision des bases est passée du stade de la prescription à celui de l’urgence et constitue aujourd’hui un impératif absolu.
Le succès de sa mise en œuvre requiert un devoir de méthode incluant le calendrier de la révision, les modalités de lissage pour éviter des transferts de charge trop importants, le cadre géographique, et les acteurs de la réforme appelés à la mettre en œuvre.
Pour pallier les difficultés pratiques liées aux faibles moyens de l’administration fiscale, la mise en place d’un système déclaratif, qui se substituerait à l’actuel calcul forfaitaire basé sur les conditions du marché locatif de 1970, pourrait constituer une piste d’actualisation des bases plus souple et plus efficace plaçant les contribuables devant leurs responsabilités.

Lire l’intégralité de l’article ici.

Avec l’aimable autorisation de Localtis.info